Retour sur notre dernier concert de l’été

Il faut reconnaître que c’était franchement une « bonne pioche », ce dernier concert de l’été. Un nouveau partenariat avec nos complices occasionnels de Two’s Company, Liz et Tony, que je ne vous présente plus. Et pour la toute première fois, une prestation en quintet, puisque leur duo et notre trio au grand complet s’associaient pour l’après-midi. En somme, une authentique Première Mondiale !

Une température idéale. Du soleil à foison. Les raisins quasi-mûrs de la tonnelle qui se prenaient pour une peinture de Chardin. Cette même tonnelle qui offrait une belle lumière diffuse pour les photos d’Essgée et d’Agnès D.

Ils retombaient au-dessus de nos têtes, ces raisins. En jolies grappes décoratives. De quoi stimuler la créativité des photographes et celle de notre petite bande de saltimbanques. Même si – avouons-le ! – le raisin nous inspire davantage, quand il a fermenté tranquillement dans une barrique… Et même si Tony avait apparemment plutôt choisi le camp du malt irlandais que celui du cabernet sauvignon. Ah, Septembre !… Septembre, le mois plus tendre ! » comme le proclamait fort justement Nougaro.

Appuyées contre le bohdran, les guitares faisaient encore la sieste. Mais déjà Jean-Louis avait dégainé son violon. L’après-midi s’écoulait paisible, mais il était chaud, le Maestro ! Il était chaud ! Et pourtant imperturbable.

 

Certes, l’arrière-plan peut faire songer que notre Grappelli maison (traduction littérale : « petits raisins« , vous voyez que l’on y revient !) a tout du violoniste de gouttière. Et alors ? ! Il y a bien des chats de gouttière, pourquoi pas des violonistes !… D’ailleurs, à propos de chat, notez que Jean-Louis gratouille parfois son violon comme il caresserait la tête d’un chat. Les pizzicati, on adore ! Bref, il était même tellement chaud, notre Paganini, qu’il fut contraint de laisser souffler son violon entre deux solos !

Il arrive aussi qu’entre deux morceaux, le récitant – tiens, c’est vrai, il y avait aussi un récitant dans ce quintet ! – s’entretienne avec le premier violon. On se demande bien d’ailleurs ce que se racontaient les deux compères ! Tout ceci se déroulait sous l’œil amusé de la chanteuse.

Une chanteuse qui d’ailleurs possède plusieurs casquettes.

A l’inverse du flûtiste-guitariste-percussionniste, qui lui n’en a qu’une, dont il ne se sépare que rarement. Une casquette, un authentique couvre-chef, qui lui donne un peu les traits d’un moujik, pour notre grand bonheur. Tant il est vrai que le moujik adoucit les mœurs.

 

 

 

 

 

 

 

Je glose un peu sur l’unique casquette de Maître Thierry, mais c’est un peu court, car en fait, nous avons affaire à un véritable homme-orchestre, comme le montrent ces images, ces preuves accablantes … Tiens, il a retiré sa gapette ! Quelques lignes plus haut, je vous parlais de la chanteuse. Là encore, c’est très réducteur comme formule, car non seulement Liz donne de la voix, mais elle s’exprime aussi à la guitare comme aux percussions. Et d’ailleurs, les accords qu’elle plaquait sur sa guitare amplifiaient l’atmosphère quasi-onirique de Carpe Diem , le second texte interprété en cet après-midi véritablement estival. Une atmosphère qui doit beaucoup au piano de Tony.

 

 

 

 

 

Ne vous fiez pas à votre première impression, l’attitude désinvolte du narrateur n’est qu’apparente. Ce n’est pas parce qu’il loge les mains au fond de ses poches que le récitant n’est pas habité par son texte. Et il faut reconnaître que Carpe Diem est une histoire qui secoue un peu le cocotier de nos sentiments. Dans un premier temps, on vous laisse rêvasser aux premières lueurs de l’aube, auprès des champs de coton ; et puis, patatras, dans la seconde partie du récit, on vous embarque pour une virée dans le brouillard, avec chevillée au corps, l’envie irrépressible de revenir un jour dans ce qui n’est déjà plus dans votre souvenir, qu’un Sud miteux recuit par le soleil… et peut-être même pour y commettre l’irréparable.

Heureusement qu’aux Premières Mondiales, nous avons en magasin, des textes un peu plus rigolos. Comme ce 2026, un petit air de 1984. Bon, « rigolo », c’est vite dit, car l’on est plutôt dans le « grinçant de haute intensité » qui certes peut faire sourire, mais qui appelle clairement à la vigilance citoyenne.

Ce fut donc une bien belle expérience que cette première prestation en quintet. Plutôt que de jouer au tarot, nous avons préféré faire de la musique ensemble. Oui, parfaitement, Tony, de la musique ! Ne glousse pas dans ton coin en m’entendant louer la prestation de chacun(e).

Les photos d’Essgée et d’Agnès D. sont là pour prouver combien ce concert de proximité fut une belle réussite. Un immense merci pour cette belle moisson d’images qu’elles ont réalisée ! Je crois d’ailleurs qu’une coopération de ce genre n’appelle qu’à son renouvellement. Pas vrai, Liz ? Pas vrai, Thierry ? Pas vrai, Jean-Louis ?

 

 

 

 

 

Pour ma part, une nouvelle date commune me ferait bien plaisir. Le plein de remerciements bien évidemment à Laure et Arnaud de nous avoir accueillis dans leur si agréable jardin et au public autant attentif que réactif qui a partagé avec nous ce joli moment de convivialité et de spectacle vivant, en ces temps empreints d’incertitudes et de craintes multiples.

2 commentaires sur « Retour sur notre dernier concert de l’été »

  1. Bravo aux photographes qui ont si bien su nous transporter vers ce lieu et ce moment suspendus où les masques sont enfin tombés pour quelques instants. Revoir des visages, des expressions, des sourires… Un plaisir presque oublié !

  2. Merci pour ces photos d’Essgée et d’Agnès D. qui nous donnent un aperçu de cette belle journée.
    Nous noterons une préférence pour la photo en noir et blanc 🙂

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